puborijtop.jpg       Lou Ori J

« Bi ne va » ou la présence du Mapana

        »Dernier Mapane » est une démarche, bien plus qu’un groupe ou un label (il n’en n’ai d’ailleurs pas un ). Disons donc que c’est plutôt un état d’esprit dont la schème principale réside dans « la contre-culture » ou le refus de demeurer des nigauds consentants face aux forfaitures instituées, qu’elles soient Politiques, économiques, culturelles ou sociales. En ces temps de profonds troubles existentiels, il est bon et souhaitable que tous et chacun ayons en parage l’idée d’une alternative, d’un autre paradigme face au « tout pourri » et sans rechigner à pointer un doigt critique objectif sur tout ce qui, et tous ceux qui se forment et s’amalgament comme un front uni pour l’immobilisme égoïste et l’archaïsme du même cru.

        Car le passé doit cesser d’être une prison injuste, un argument de victimisation permanent pour nous « pauvre nègre toujours (?) victime de la situation ». Par ailleurs, l’avenir ne doit pas constituer un alibi, une « excuse Marketing » qui transforme toute manifestation de l’atavique en « guili-guili culturel » juste bon à égayer des écotouristes en mal de sensations typiques. En d’autres termes, prenons sur nous la responsabilité de l’Histoire et de ces hauts faits passé, sans manichéisme barbant, et plongeons à corps perdu dans les méandres de l’incertain dont seul « l’aujourd’hui » saura tracer les sillons conquérants. Voici blablater en quelques mots les mobils qui ont présidé à l’enfantement de ce blog. Il s’agira donc de contre-culture, de Hip hop, de Littératures, de Politique, de Cinéma, de Sport et surtout…d’évoquer la « Crétinerie Gabono-africaine ». Nous commencerons donc par cet article qui je le souhaite suscitera le débat.

Le syndrome du « B2 » 

             Le « B2 » était une sorte de KGB, une police secrète dont l’évocation rappelle à ceux qui sen souviennent, les années de plomb du parti unique. De triste mémoire, cette époque fut celle de la standardisation des idées, des privations et du règne du culte apologétique dun homme. Tenir des propos antinomique au discours officiel constituait alors un péril quelque soit la sphère de la vie dans laquelle on se trouvait. Voisin, collègue de bureau, condisciple de fac, compagnon de bacchanale, tout le monde était en puissance un agent assermenté du « B2 ».  Le « BR » ou bulletin de renseignement était alors larme la plus redoutable car une fois rédigée il mettait aux arrêts, soumettait à un pénible interrogatoire et se terminait par quatre murs ou quatre planches, en dautres termes par  la mort ou par la prison (1) pour ceux qui étaient déclarés politiquement déviant.

             Le B2 était si omniprésent dans le quotidien de chacun quon peut en parler comme dun syndrome.  Aujourdhui encore dans le langage commun, sa simple allusion renvoie à lisolement carcéral, à la perte demploi ou davancement, à toutes sortes de pénitences ayant pour motif lintrusion dans le domaine politique et/ou un positionnement divergent de la consigne officielle. Les gabonais ont peur du « B2 », cest un fait, et ce malgré les violations continuelles de leurs droits les plus inaliénables. Sils sont simple citoyen lambda ils seront, en privé, les premiers pourfendeurs de ce quils appellent le « Système ». Sils sont sportifs, ils vous diront, au détour dune séance d’étirements, bénéficier de conditions dentraînement peu propice à la performance. Sils sont chanteurs, ils vous parleront, en coulisse, de labsence de droits dauteur et du manque de producteurs qui empêchent l’éclosion de la musique gabonaise.

              Sils sont infirmiers, cultivateurs, maçon, même les plus francs, ils vous assureront la main sur le cœur, être prêt à se lever pour faire entendre leurs voix.   Mais, une fois lheure de vérité, dès linstant fatidique advenu aucun dentre eux ou peu oseront braver une note de service inique, aucun ne sinsurgera contre telles ou telles irrégularités constatées par tous. « Jai une femme… ! » « Que deviendront mais enfants si je perds mon travail ? » « Je nai pas de parents hauts placés !… » « Si je parle comment vais-je me nourrir et payer mon loyer ? » Voilà ce quils vous diront pour justifier  cette capacité de désertion qui  les anime une fois au cœur de la bataille. Ceux dentre eux qui grâce à leur opportunisme se sont hissé à une échelle sociale élevée, jouant sur les contradictions et la perversité ambiante sont tout de suite perçus comme des déloyaux, des renégats qui ont bassement prospéré au détriment de la cause commune pour se faire une place au soleil.  Le plus saisissant au pays de lOgooué, cest que les citoyens ne sexpriment, ne sengagent véritablement pour un combat que lorsquils nont plus rien à perdre ou quils ont un sentiment dimpunité qui les met à labri de toutes sanctions.

                Quil sagisse de récriminations syndicales ou dadduction deau dans un quartier enclavé, chacun est seul, même faisant parti dun groupe. Pour les gabonais, le combat nest collectif que quand ils ont personnellement la preuve ou la conviction quils ne feront pas eux-mêmes lobjet dune punition. Dès linstant où un groupe dindividus se lèvent pour prétendre à un droit qui lui est légitimement dû et que un ou plusieurs individus du groupe sont menacés ou se sentent en danger pour des raisons diverses il  y a désolidarisation envers le groupe et renoncement pour la cause. Le combat des Gabonais est individuel, privé parce quils oublient qune lutte nest couronner de succès quen unissant tous les asservis sinon cest l’échec.  Lessentiel pour eux cest davoir un emploi donc d’émarger sur une fiche de paie et de nourrir la pléthorique famille. Ils vivent en mode résignation, entre deux petit Mabouéla*, dans les troquets qui parsèment villes et villages ils espèrent au gré de leur désespoir lintervention dun égrégore incertain qui les sortirait de cette vallée de Gosen où ils sont engoncés. Las, ils refont le pays à coup de chimères et de si, ressassant amer un naguère qui aurait dû les porter aux pinacles des nations africaines avancées en honnissant leurs dirigeants coupables davoir brisé ce rêve. 

                 Le syndrome du « B2 » annihile en eux tout esprit de révolte concertée, Toute initiative de stigmatisation véritable et désintéressée. Leur cri est anonyme et confidentiel, perceptible mais résigné. Ils ambitionnent de se libérer mais repoussent craintivement lidée de se défaire des ligatures dune servitude dans laquelle leur peur les a confiné. Beaucoup plus proche de Candide que de Gandhi ils attendent bêtement un changement que ni lavenir, ni le destin ne leur garantit.  

Ol’verse « Ossùmam »

J’accepte, !

cam.jpgngt.jpgkeurtycee.jpgbanireleswakssavent3.jpg

           C.A.M                 N.G.T              Keurtyce-E

CHRONIQUE
 

1) moi le « waks mc’s gabonais »  j’accepte la compétition comme base de notre système, même si j’ai conscience que ce fonctionnement engendre frustration et colère pour l’immense majorité des perdants.

2) J’accepte d’être humilié ou exploité a condition qu’on me permette a mon tour d’humilier ou d’exploiter quelqu’un occupant une place inférieure dans la pyramide sociale.

3) J’accepte l’exclusion sociale des marginaux, des inadaptés et des faibles car je considère que le prise en charge de la société a ses limites.

4) J’accepte de me faire arnaquer par le monopole pour qu’il investisse mon labeur à sa convenance, et qu’il ne me reverse aucun dividende de son gigantesque profit (qui servira à dévaliser mes parents dans le pivot). J’accepte aussi qu’il prélève une forte commission pour me prêter de l’argent qui n’est autre que celui du pays.

5) J’accepte que l’on congèle et que l’on jette des tonnes de nourriture dans les quartiers des « tétés » plutôt que de les offrir aux nécessiteux et de permettre à quelques centaines de milliers de personnes de ne pas mourir de faim chaque année.

6) J’accepte qu’il soit interdit de mettre fin à ses jours rapidement, en revanche je tolère qu’on le fasse lentement en fumant le  »boutch » ou en ingérant des substances toxiques autorisées par l’Etat comme la « boche ».

7) J’accepte que l’on fasse la guerre pour faire régner la paix. J’accepte qu’au nom de la paix, la première dépense du pays soit le budget de la défense et du parti majoritaire.

8) J’accepte l’hégémonie du pétrole dans notre économie, bien qu’il s’agisse d’une énergie coûteuse et polluante, et je suis d’accord pour empêcher toute tentative de substitution, s’il s’avérait que l’on découvre un moyen gratuit et illimité de produire de l’énergie, ce qui serait notre perte.

9) J’accepte que l’on condamne le meurtre de son prochain, sauf si le gouvernement décrète qu’il s’agit d’un ennemi et nous encouragent à le tuer.

10) J’accepte que l’on divise l’opinion publique en créant des faux partis de l’opposition qui passeront leur temps à se combattre en me donnant l’impression de faire avancer le système. j’accepte d’ailleurs toutes sortes de divisions possibles, pourvu qu’elles me permettent de focaliser ma colère vers les ennemis désignés dont on agitera le portrait devant mes yeux.

11) J’accepte que le pouvoir de façonner l’opinion publique, jadis détenu par les religions, soit aujourd’hui aux mains d’affairistes non élus démocratiquement et totalement libres de contrôler la République, car je suis convaincu du bon usage qu’ils en feront.

12) J’accepte l’idée que le bonheur se résume au confort, l’amour au sexe, et la liberté à l’assouvissement de tous les désirs, car c’est ce que le discours officiel me rabâche toute la journée. Plus je serai malheureux et plus je consommerai : je remplirai mon rôle en contribuant au bon fonctionnement de notre économie.

13) J’accepte que la valeur d’une personne se mesure à la taille de son compte bancaire, qu’on apprécie son utilité en fonction de sa productivité plutôt que de sa qualité, et qu’on l’exclue du système si elle n’est plus assez productive.

14) J’accepte que l’on paie grassement les Douaniers, les députés, et autre « bouffe-cadeau » de l’administration beaucoup moins les professeurs et les médecins chargés de l’éducation et de la santé des générations futures.

15) J’accepte que l’on me présente des nouvelles négatives et terrifiantes de l’Afrique et du monde tous les jours, pour que je puisse apprécier a quel point notre situation est normale et combien j’ai de la chance de vivre au gabon. Je sais qu’entretenir la peur dans nos esprits ne peut être que bénéfique pour nous.

16) J’accepte que les industriels, militaires et politiciens se réunissent régulièrement pour prendre sans nous concerter des décisions qui engagent l’avenir de la vie et du pays.

17) J’accepte que les hommes politiques puissent être d’une honnêteté douteuse et parfois même corrompus. Je pense d’ailleurs que c’est normal au vu des fortes pressions qu’ils subissent.
Pour la majorité par contre, la tolérance zéro doit être de mise.

18) J’accepte de considérer notre passé comme une suite ininterrompue de conflits, de conspirations politiques et de volontés hégémoniques, mais je sais qu’aujourd’hui tout ceci n’existe plus car nous sommes au summum de notre évolution, et que les seules règles régissant notre pays sont la recherche du bonheur et de la liberté de tous les peuples, comme nous l’entendons sans cesse dans nos discours politiques.

19) j’accepte cette situation, et j’admets que je ne peux rien faire pour la changer ou l’améliorer.

20) J’accepte d’être traité comme du bétail, car tout compte fait, je pense que je ne vaux pas mieux.

21) J’accepte de ne poser aucune question, de fermer les yeux sur tout ceci, et de ne formuler aucune véritable opposition car je suis bien trop occupé par ma vie et mes soucis. J’accepte même de défendre à la mort ce contrat si vous me le demandez.

22) J’accepte donc, en mon âme et conscience et définitivement, cette triste matrice que vous placez devant mes yeux pour m’empêcher de voir la réalité des choses. Je sais que vous agissez pour mon bien et pour celui de tous, et je vous en remercie. 

Le waks Mc’s   



Engraineur: Ol\’verse

dernier1mapane

Catégories

Non classé

Vous devez être connecté à votre compte pour me contacter

Visiteurs

Il y a 1 visiteur en ligne

Rasta Men |
mikebrantuvie6 |
giikymusic |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | hsmhighschoolmusical
| dansez maintenant !
| Annas Mustafa